
Depuis le 1er juillet 2025, une nouvelle réforme transforme en profondeur les règles de financement de l’apprentissage. Employeurs, CFA, OPCO : tout le monde est concerné. Ce qui change ? Pas juste des décrets en plus. Mais une nouvelle logique, plus stricte, plus précise, et parfois plus risquée si l’on ne s’adapte pas.

Voici une lecture claire et concrète de la réforme de l’apprentissage 2025, avec tous les impacts opérationnels à connaître et à anticiper.
1. Certificat de réalisation : financement au jour près
Avant :
Une fin de contrat le 20 juillet ? Le CFA était financé pour le mois entier et non pas uniquement pour les 20 jours du mois mentionnés dans le contrat.
Maintenant (depuis le 1ᵉʳ juillet 2025) :
Chaque journée compte. Le financement de l’apprentissage n’est plus calculé au mois mais proratisé au jour près, que ce soit pour les coûts contrat, les avances ou les soldes. Cette évolution découle du décret n°2025-586 du 27 juin 2025.
Ce que cela change pour les CFA :
- Calendrier de formation détaillé : le planning doit désormais être valide au jour près ;
- certificat de réalisation : il atteste désormais de la formation effective de l'apprenti au quotidien ;
- rupture anticipée : la fin d’un contrat en cours n’ouvre plus droit au financement complet ; la prise en charge est arrêtée à la date exacte de sortie.
Concrètement, les CFA doivent s’adapter à une logique de traçabilité quotidienne, plus exigeante que l’ancien système mensuel. Le moindre oubli administratif ou justificatif manquant peut désormais coûter cher.
2. Une participation employeur obligatoire de 750 €
Avant :
Les entreprises pouvaient recruter un apprenti en formation supérieure (bac+3 à bac+5) sans reste à charge : le financement était couvert intégralement par l’OPCO.
Maintenant (depuis le 1ᵉʳuillet 2025) :
Chaque contrat d’apprentissage de niveau 6 ou 7 (licence, master, école d’ingénieurs, etc.) implique une contribution obligatoire de 750 € à la charge de l’employeur.
Cette mesure, prévue par le décret n°2025-585, article 2, vise à faire participer davantage les entreprises au coût réel des formations supérieures.
Cas particuliers prévus par le texte :
- Rupture pendant les 45 premiers jours → 50 % du montant, soit 375 € ;
- reprise immédiate de l’apprenti par un nouvel employeur → 200 € de participation pour ce dernier.
Ce que cela implique concrètement :
- Pour les entreprises : elles doivent désormais intégrer ces 750 € dans leur budget de recrutement, dès la signature du contrat ;
- pour les CFA :
- Il devient essentiel d’anticiper et d’expliquer clairement ce reste à charge aux employeurs pour éviter les incompréhensions ;
- un argumentaire qualité (suivi pédagogique, taux d’insertion, accompagnement personnalisé) doit être mis en avant pour justifier cette participation ;
- sur le plan administratif, la facture de 750 € doit être émise et transmise à l’entreprise dès la signature ;
- une copie de cette facture doit ensuite être jointe au certificat de réalisation afin de déclencher le dernier paiement de l’OPCO.
- Il devient essentiel d’anticiper et d’expliquer clairement ce reste à charge aux employeurs pour éviter les incompréhensions ;
Pour les CFA, cette réforme signifie plus de gestion administrative : émission des factures, suivi des paiements employeurs, relances en cas d’impayés. Un process fluide devient incontournable pour ne pas fragiliser la trésorerie.
3. Un nouvel échéancier de versements : plus strict, plus fragmenté
Avant :
Le financement des contrats d’apprentissage par les OPCO était versé en 3 échéances principales dans l’année (40%/30%/30%).
Maintenant (depuis juillet 2025) :
Le décret n°2025-585 modifie profondément la logique de financement. Les versements sont désormais étalés en 4 échéances, avec un dernier paiement conditionné à la transmission de justificatifs précis.
Nouveau calendrier de financement :

Ce que cela change pour les CFA :
- Pas de solde sans justificatifs : aucun versement final n’est possible sans dépôt du certificat de réalisation qui fait preuve d’exécution complète du contrat ainsi que la copie de la facture de 750 euros à l’entreprise pour les bac+3 et plus ;
- impact des ruptures : une rupture anticipée modifie fortement le calendrier, ce qui peut entraîner une perte de financement significative ;
- charge administrative accrue : le suivi doit être extrêmement rigoureux, car chaque échéance est conditionnée par le certificat de réalisation (sauf première échéance) ;
- interopérabilité fortement recommandée : le recours à un logiciel connecté aux OPCO devient essentiel pour éviter tout retard ou rejet de paiement. Pour simplifier ce suivi et éviter les rejets de paiement, Tu Commences Demain propose déjà un outil connecté aux OPCO. Si vous souhaitez en savoir plus, il suffit de prendre rendez-vous avec notre équipe.
En résumé : le financement devient plus fragmenté et conditionné, ce qui oblige les CFA à professionnaliser encore davantage leur gestion contractuelle.
4. Minoration du financement des formations à distance
Avant :
Aucune règle spécifique ne venait limiter le financement des formations proposées en grande partie à distance. Tant que le contrat et la convention étaient validés, le financement suivait son cours, quel que soit le volume d’heures en distanciel.
Maintenant (depuis juillet 2025) :
Le décret n°2025-586 introduit une nouveauté majeure : dès que la part d’heures en distanciel dépasse 80 % de la durée totale de la formation, le niveau de prise en charge (NPEC) est automatiquement minoré de 20 %.
Cette disposition est intégrée dans le nouveau CERFA V14, qui comporte désormais un champ obligatoire dédié aux heures de formation à distance. Ces données doivent être cohérentes avec la convention de formation, faute de quoi le financement peut être contesté ou bloqué.
Conséquences concrètes pour les CFA :
- Précision obligatoire : le volume d’heures en distanciel doit être calculé avec rigueur et renseigné de manière transparente dans les documents contractuels ;
- traçabilité renforcée : les CFA doivent être en mesure de prouver, via leurs outils pédagogiques et administratifs, la répartition entre présentiel et distanciel (émargements, connexions aux plateformes, relevés de présence) ;
- impact financier direct : une offre de formation avec une partie significative de distanciel se traduit mécaniquement par une baisse du financement. Un choix pédagogique mal calibré peut donc fragiliser la trésorerie.
En clair, le financement n’est plus neutre face au distanciel. Les CFA doivent trouver un équilibre entre innovation pédagogique et viabilité économique.
Ce que vise réellement la réforme de l’apprentissage 2025
Au-delà des ajustements techniques et administratifs, la réforme de l’apprentissage 2025 poursuit un double objectif central.
D’une part, il s’agit de garantir un financement plus juste et proportionné, en alignant les versements non plus sur des forfaits mensuels, mais sur la réalité effective des parcours des apprentis. Chaque journée de contrat compte désormais dans le calcul, ce qui responsabilise autant les CFA que les entreprises.
D’autre part, la réforme entend renforcer la qualité des formations et la responsabilisation des acteurs. Les CFA sont incités à mieux tracer leurs actions pédagogiques et à garantir la conformité de leurs parcours. Quant aux employeurs, ils doivent dorénavant assumer une part financière directe dans les diplômes supérieurs.
En conclusion : s’adapter vite pour éviter les blocages
Cette réforme change la donne. Elle impose une nouvelle rigueur, une gestion fine des contrats et une adaptation rapide des outils. Pour les CFA, il ne s’agit plus seulement de former, mais également de gérer précisément chaque contrat, chaque heure, chaque justificatif.
Dès aujourd’hui, il est crucial de :
- Sécuriser ses flux de financement en respectant les nouvelles règles ;
- accompagner les entreprises sur la participation obligatoire ;
- utiliser un outil capable de produire les bons documents, dans les bons délais.
Pour aller plus loin, découvrez notre article détaillé sur le nouveau CERFA 10103*14 et les documents à transmettre avec chaque contrat : lire l’article.
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